Sancoins est une ville très ancienne au riche passé. Elle existait avant l'invasion romaine, mais les obligations de la vie moderne, l'acharnement des hommes à détruire sans discernement font qu'il ne reste plus rien de visible de ce passé, si ce n'est dans les archives et les vieux livres. Nous retrouvons trace de Sancoins sous le nom de Tinconium, Cenconio, aux environs des années 1000, puis Cenquoins, Cencongs gravé en 1690 sur le couvercle des fonts baptismaux de la vieille église démolie en 1860.
Par sa situation géographique Sancoins est et a toujours été un lieu de passage et d'échanges. Jules César a traversé Sancoins pour aller mettre les Eduens sous sa domination du côté de Decize après avoir détruit Avaricum (Bourges). Vercingétorix traverse aussi notre ville à la tête de ses armées et Jeanned'Arc n'a pas manqué de suivre la même route pour aller délivrer Saint-Pierre-le-Moutier.
Au milieu de tous ces cliquetis d'armes il fallait bien que Sancoins, sous la domination des Ducs de Bourbon puis dépendant des moines de la Charité enfin ville royale au XIIIème siècle, devint ville fortifiée.
Les murailles ont disparu depuis longtemps. Quelques bordures de chaussées et quelques maisons ont été faites avec les vieilles pierres que Gargantua aurait, dit-on, relevées autrefois, mais essayons cependant de nous repérer. Les fortifications et les fossés de la ville suivaient les axes des rues actuelles du Colonel Guery, du Docteur Belêtre, de l'Hôtel de Ville qui se nommaient encore, il y a quelques années, rue des Remparts de l'Ouest, des Remparts du Nord, des Remparts du Sud. Dans la rue Fernand Duruisseau – anciennement Grande Rue, vous pouvez repérer la Tour Jeanne d'Arc qui a été restaurée ces dernières années et la Tour Sainte Catherine que les Sancoinnais appellent « la Vieille Prison » car une de ses salles abritait le Prétoire. A proximité s'élevait la maison de Jean de Sancoins, receveur général des finances de Charles VII et de Louis XI. Il ne reste plus rien de cette demeure mais juste en face, au coin de la Place du Commerce, vous pouvez voir une vieille maison de même style : bas en pierres, premier étage très débordant porté sur des corbeaux de pierre.
Derrière la mairie actuelle, les restes d'une vieille tour – la Tour du Colombier- nous rappelle que le Prieuré de Sancoins s'élevait à cet endroit et que c'est là qu'un moine, Macé de la Charité,curé de Sancoins au XIIIème siècle, traduisit pour la première fois la Bible en vieux français. Un peu plus loin, la Maison de la Citadelle, avec sa tour Renaissance, a encore fière allure.
Guerres de religion et révolution sont passées sur notre région avec leur cortège habituel de destructions. Le XIXème siècle apporte en Berry et en particulier à Sancoins de nombreuses transformations. En premier lieu, le fait saillant de cette époque est la réfection et la création des voies de communication. Le canal du Berry est creusé à partir de 1822. En 1886, une ligne de chemin de fer à voie étroite relie Saint-Amand-Montrond à la Guerche-sur-l'Aubois, par Sancoins. Ces grandes commodités de communication vont favoriser la création de diverses industries : Tuilerie Perrusson qui occupe 230 ouvriers, Carrosserie Rétif qui en emploie 300. A cette époque la population monte jusqu'à 4 851 habitants en1906 et dépasse parfois 5 000.
Et puis, encore une fois, la roue tourne. Le canal est fermé à la navigation en 1955 car le transport dans ces petites péniches étroites « les Berrichonnes » n'est plus rentable. Le petit chemin de fer aussi est mis à la retraite en 1951 et maintenant ce sont les cars les voitures et les gros camions qui transportent gens et bêtes jusqu'aux villes voisines. Mais depuis ces dix dernières années Sancoins est en pleine évolution.
Un peu d'histoire