Histoire du marché

Sancoins constitue l'un de ces haut lieu du négoce que l'histoire a placé sur cette terre de rencontre au carrefour des trois provinces éminemment agricoles, marché agricole situé à l'origine au croisement des grandes voies romaines qui porteront jusqu'à Rome le porc salé de nos régions, marché qui possède ses lettres de noblesse dues à saint Louis qui en fit l'acquisition en 1227 alors que la ville appartenait aux Bénédictins de La Charité-sur- Loire.

Pendant six siècles, elle resta la propriété de la couronne. Ville royale, les documents d'archives établissent qu'il s'y tenait deux foires annuelles en 1188. Philippe-Auguste octroyait en 1202 une charte accordant sa protection aux foires et marchés. Avant la Révolution de 1789, quatre foires se tenaient à Sancoins, une par saison:

- le jeudi avant la Purification de Notre-Dame.

- le deuxième jeudi avant la Pentecôte (jeudi de l'Ascension).

- le troisième jour de la Saint-Martin d'été.

- le jour de la Saint-André.

La Révolution apporta le rythme de la foire mensuelle, le premier mercredi de chaque mois, et des marchés hebdomadaires que nous connaissons encore aujourd'hui.

Jusqu'alors, Sancoins constitue le plus important marché de porcs de la région, provenant en particulier du Berry et du Bourbonnais.

Le commerce du fer, vendu à la balance, est prospère, les expéditions se faisant sur Nantes et Paris. Les mines de fer et les forges de l'Allier étaient réputées. Une métallurgie florissante avait établi ses hauts fourneaux de Grossouvre à Menetou. L'importance de la forêt et la proximité des rivières conditionnaient autant que la présence du minerai, l'implantation des forges en ce temps où la fonte au bois connaissait son plein essor.

En 1786, pour l'exploitation des forges et hauts fourneaux de Grossouvre, François Durand, maître de forges, occupait cinq cents ouvriers. Six à sept tonnes de fer débité en barres à l'usage de la marine partaient chaque année des ateliers de Grossouvre et de Treizy où s'affinait la fonte.

Le chanvre, les vieux chiffons ramassés par les fabricants de pâte à papier d'Auvergne tiennent aussi une place prépondérante au commerce local.

Dès 1790, le marché au blé monopolise l'intérêt chaque mercredi. Sur le plan du marché au blé (actuelle place du Commerce face au parvis de la vieille église Saint-Martin) où l'on range les "cassiaux" (récipients pour emmagasiner le blé), les acheteurs viennent de tout le district et au delà pour se procurer la fournée (la farine pour faire le pain).

En dépit des rondes incessantes des commissaires empanachés, la révolte gronde. La hausse des cours et la rareté des denrées poussent le peuple à s'emparer des céréales par la force.

La Garde Nationale charge à la baïonnette.. .

Les citoyens: Serre à l'hôtel SaintJoseph, Clostre à l'auberge du Boeuf couronné, Guillot à l'auberge du Cheval Blanc tiennent table d'hôtes pour "l'aristocratie des labours", tandis que plus de vingt débits de boissons offrent au menu peuple de l'eau de vie et du vin lIa pinte et au setier en dépit du sysème métrique nouvellement institué.

Au XIXe siècle, Sancoins devient un grand marché aux bestiaux, en coïncidence avec la transformation complète le la vallée de Germigny et 'introduction de la race charolaise par Louis puis Auguste Massé.

Louis Massé (1792-1863) organise lepremier concours agricole à Sancoins en 1835, mais ce n'est qu'en 1930, sous l'impulsion de Ludovic Deviosse, adjoint au maire Denis Linet, avec Gabriel Dumont et Pierre Maurice que se créera la première foire concours de reproducteurs charolais de Sancoins.

Après la guerre 1939-1945, ce concours a pris rang dans les manifesta­tions officielles et complète la série des grands concours régionaux: Nevers, Moulins, Saint-Amand etc....